Compte-rendu des 10èmes Rencontres Africaines de Biologie Technique

Par le Docteur Claire FABIN,
Présidente de l’ASSITEB-BIORIF

Les 10èmes Rencontres Africaines de Biologie Technique de Brazzaville ont accueilli près de 500 participants venus de 16 pays, très majoritairement francophones, mais aussi lusophones et  anglophones,  professionnels de santé, technologistes biomédicaux, biologistes en santé humaine ou animale, scientifiques en hygiène-environnement, décideurs, représentants institutionnels, préventeurs et industriels spécialistes du laboratoire.

Pendant ces travaux, trois ministres (Ministre des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire, Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique), l’Ambassadeur du Cameroun et le Conseiller Régional représentant l’Ambassadeur de France, ainsi que des conseillers ministériels ont honoré de leur présence cette manifestation scientifique.

L’implication de l’OMS a été très forte tant dans la préparation et le soutien aux Rencontres, que par ses contributions tout au long de ces journées scientifiques : allocution d’ouverture prononcée par la  Représentante de l’OMS au Congo, le Dr F. Binta Diallo, présentation de 4 conférences, apports  documentaires et tenue d’un stand pendant 5 jours. La participation de l’OIE a été également très active ; en effet le Représentant du Directeur Général, le Dr Y.Samaké, présent pendant toute la semaine de travaux, a prononcé une allocution inaugurale, présidé une session et présenté une communication rappelant que « la Santé est unique ».

La présidence de ces Rencontres et la caution scientifique du Professeur M. Gentilini  resteront évidemment un point fort ; sa contribution lors de la session sur la qualité des médicaments a montré l’importance et la gravité du problème des faux médicaments. Sans reprendre le programme détaillé, force est de constater l’assiduité, l’écoute et l’attention du public ainsi que la qualité des conférences, tenues tant par des universitaires de haut rang congolais ou étrangers que par des professionnels du laboratoire hautement qualifiés, en séance plénière ou lors des ateliers.

Parmi les nombreux exposés scientifiques (plus de 60 experts et intervenants en séance plénière) enrichis par des échanges et des débats toujours empreints d’une grande curiosité scientifique, sont à souligner :

  • L’intérêt toujours aussi marqué vis-à-vis des maladies infectieuses, notamment pour le recours aux techniques dites rapides, la description de la place privilégiée du technologiste biomédical et du laboratoire dans l’établissement du diagnostic afin d’assurer une meilleure qualité des soins
  • Des présentations originales et remarquables relatives aux maladies tropicales négligées, en  particulier  avec des informations passionnantes sur l’ulcère de Buruli, accompagnées de photos impressionnantes, ainsi que sur les vecteurs avec là aussi, mise en exergue du rôle indispensable du technologiste biomédical
  • La richesse des interventions sur les maladies non transmissibles : traitement et suivi du diabète, facteurs de risques cardio-vasculaires, apports de l’anatomie pathologique vis-à-vis des cancers.

D’autres sessions ont également illustré la place du laboratoire face à la maladie :  

  • Prévention des risques environnementaux, surveillance de la qualité de vie, notamment biologie de la grossesse
  • Apports théoriques et fondamentaux en sécurité transfusionnelle, mais aussi expériences de terrain
  • Intrication existante entre santé humaine, santé animale et environnementale,  développée par divers experts dont le Dr Samaké, les exposés en particulier sur la rage ou les fièvres hémorragiques l’ont brillamment montrée.
  • Stratégies vaccinales
  • Importance du suivi et des contrôles biologiques pour la qualité de l’eau ou les produits cosmétiques.

Le rôle de la biologie en Santé Publique s’amplifie et se diversifie : sécurité sanitaire, épidémiologie, réseaux de santé, lutte contre les maladies non transmissibles, assistance médicale à la procréation, génétique ou cosmétologie. Cette mutation du laboratoire traditionnel a une incidence profonde sur les compétences attendues et reconnues de ses acteurs : ils doivent relever des défis technologiques, intégrer les disciplines émergentes et assumer de nouvelles responsabilités. Ainsi ont été citées biologie moléculaire, nanotechnologies, innovations en vaccinologie ou cytogénétique, lors de la table ronde « demain la biologie ».

Ces Rencontres auront été, pour les Biotechnologies et les Laboratoires, un outil pour favoriser la reconnaissance des personnels et des filières de formations modulaires adaptées, intégrant les acquis de l’expérience, la mise en place d’une démarche qualité et une gestion incluant la maintenance de laboratoires de référence et de contrôle dans les secteurs de la qualité des médicaments, des eaux, des denrées alimentaires et du contrôle vétérinaire. Cela a été, quelles que soient les spécialités, rappelé par de nombreux experts appartenant ou non à des structures internationales  Ces Rencontres ont permis de valoriser encore davantage l’apport des laboratoires en Santé Publique, mais aussi dans les secteurs environnementaux et écologiques.  Que le laboratoire ne soit plus « le parent pauvre de la chaîne des soins dans les contrées africaines» comme l’a souligné Madame le Ministre Emilienne Raoul mais qu’il soit un outil toujours plus performant afin de mieux servir la santé des populations, l’environnement et le développement durable !

Que les souhaits du Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de la Population lors de la séance de clôture «les acquis de ces journées seront réellement traduits dans les faits» soient réalité pour la santé publique et le bien-être de chacun  et que les 11èmes Rencontres à Abidjan puissent en être le témoin.

Dr C. FABIN

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